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Auteur: René Lewandowski
Un sondage nord-américain dévoile les échelles salariales des avocats. Mais l’étude ne dit pas tout…
C’est  peut-être un indicateur que l’économie ne va pas si mal que ça, tout  compte fait. Malgré la crise européenne, le chômage aux États-Unis et  les montagnes russes des marchés financiers, les cabinets d’avocats ont  recommencé à embaucher et ont l’intention d’augmenter la cadence au  cours des prochains mois. Et quand les avocats recrutent, c’est que  leurs clients sont occupés et qu’ils ont les sous pour les payer!
C’est ce qu’on apprend en parcourant le 2012 Salary Guide, que vient  tout juste de publier Robert Half Legal. La firme de recrutement  internationale a sondé plus de 350 avocats aux États-Unis et au Canada  afin de dégager des tendances générales de l’industrie des services  juridiques nord-américaine. L’étude compile aussi les dernières  statistiques en matière de rémunération des avocats.
Les résultats sont quelque peu étonnants et contredisent les mauvaises  nouvelles que l’on lit ces temps-ci dans les médias. Après des années de  réduction de personnel et de gel salarial, les cabinets et départements  juridiques d’entreprise recrutent et les salaires sont à la hausse.
«Ça bouge, nous sommes très occupés car les cabinets ont arrêté d’avoir  peur», dit la recruteuse juridique montréalaise Caroline Haney. Durant  la récession, explique-t-elle, les cabinets d’avocats ont préféré  surcharger leur équipe plutôt que de prendre le risque d’embaucher pour  rien. Aujourd’hui, ils comblent leurs besoins.
C’est surtout dans le domaine du droit des affaires que les cabinets et  départements juridiques cherchent à embaucher, autant aux États-Unis  qu’au Canada. Mais, signe que les économies américaine et canadienne  n’ont pas la même vigueur, un peu plus du quart (27%) des avocats  américains interrogés ont indiqué vouloir recruter dans ce secteur,  alors qu’ils sont près de la moitié (49%) chez leurs confrères  canadiens.
En litige, c’est le contraire. Un avocat américain sur cinq (20%) veut  embaucher; chez les canadiens, c’est un sur sept (14%). Les clients  américains seraient-ils plus belliqueux?
 
Combien on gagne
Maintenant les chiffres. Robert Half Legal a catégorisé les échelles de  rémunération par année d’expérience et par taille de bureau. Ainsi, plus  un avocat a d’expérience et plus il bosse pour un grand bureau, plus  son salaire est élevé.
Premier constat, les jeunes avocats américains gagnent plus que les  canadiens. Un avocat qui commence dans une grosse firme américaine  touchera entre 107 750$ et 132 000$ la première année. Au Canada, il ne  gagnera qu’entre 82 000$ et 89 500$. Pareil pour un avocat qui a entre  une et trois années de pratique. Aux États-Unis, il peut s’attendre à  toucher entre 108 500$ et 148 750$, mais seulement entre 87 000$ et 119  500$ au Canada. Dans un petit cabinet, les salaires varient de 50 250 à  73 750$ aux États-Unis, et de 48 250$ à 65 500$, au Canada.
En revanche, les écarts sont moins grands entre les avocats  d’expérience. À un certain niveau, les Canadiens gagnent même plus que  leurs confrères outre-frontières. Ainsi, un avocat senior (de 10 à 12  ans de pratique) touchera en grand bureau entre 185 000$ et 264 750$ au  Canada, mais de 164 000$ à 246 250$ aux États-Unis.
Truc intéressant, le sondage permet de comparer les salaires selon les  régions. Sans surprise, les avocats gagnent plus à New York qu’à  Toronto, et plus à Toronto qu’à Montréal. Un avocat comptant cinq ans  d’expérience dans un cabinet de taille moyenne touche 318 500$ à New  York, 214 500$ à Toronto et 210 500$ à Montréal.
 
Les associés font beaucoup plus
Bien sûr, ces chiffres sont des moyennes et ne tiennent pas compte des  primes et autres formes de rémunération. Ils ne disent rien, non plus,  sur ce qu’empochent les associés. Dommage, car c’est à ce niveau que  l’on peut juger de la démesure ou non de cette industrie. À Montréal, il  n’est pas rare pour un jeune associé de grand bureau de ramasser plus  de 500 000$ par année. Avant la récession, dans certains bureaux comme  Stikeman et Davies, une vingtaine d’associés de ces cabinets touchaient  plus d’un million de dollars par année. Les superstars – il y a en a  quelques-unes dans la métropole – empochent plus de 2 millions de  dollars par année. À Toronto, ça grimpe à 2,5 millions et plus.
«C’est vrai, mais la rémunération des associés est fonction de la  clientèle qu’ils ramènent année après année au bureau», explique  Dominique Tardif, directrice de ZSA, à Montréal. C’est pour cela,  dit-elle, qu’on retrouve des écarts salariaux importants entre associés –  ceux qui rapportent des clients et de la business et ceux qui en  rapportent moins.
La rémunération des associés dépend aussi de la structure adoptée par le  cabinet. Certains vont tolérer des baisses de chiffres d’affaires  clientèle temporaire sans réduire la rémunération de l’associé; d’autres  sont intransigeants. En 2007, par exemple, un associé d’un bureau de  Montréal avait touché plus de 750 000$; l’année suivante, durant la  récession, son salaire avait chuté à moins de 90 000$!
 

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