Faisons parler les leaders – Alexandre Dufresne

Faisons parler les leaders – Alexandre Dufresne

Dominique Tardif rencontre cette semaine Alexandre Dufresne. L’associé directeur de Spiegel Sohmer Inc. évoque son parcours professionnel et les défis qui l’ont jalonné.

Spécialiste en planification fiscale, Alexandre Dufresne agit également en réorganisation corporative et en litige fiscal, en plus de ses responsabilités d’associé directeur de Spiegel Sohmer.

Pourquoi avez-vous, à l’origine, décidé d’être avocat plutôt que de choisir un autre métier/profession? Était-ce de famille, un accident de parcours ou encore un choix naturel pour vous?
Personne dans ma famille n’est avocat, et je ne peux prétendre qu’il s’agissait là d’un domaine vers lequel j’étais naturellement attiré. Au moment où j’ai appliqué à l’université, je préférais les sciences humaines et les langues, mais j’aimais aussi les mathématiques. J’ai appliqué en droit, avec l’économie comme deuxième choix. N’étant pas de ceux qui aiment se faire diriger ou encore contrôler, je cherchais une carrière qui allait me donner beaucoup d’autonomie. Par la suite, et aussi un peu pour assouvir cet intérêt que j’avais pour les mathématiques, je me suis dirigé vers la fiscalité.

Quels ont été vos plus grands défis de carrière jusqu’ici?
Quelques exemples me viennent en tête pour répondre à cette question. Un des grands défis que je me suis donné en début de pratique, a été de me développer une clientèle. Quand on a à peine 25-30 ans, ce n’est pas chose facile que de gagner la confiance de ceux à qui, par exemple, on donne une conférence. Pourquoi ? Parce que, d’une part, les gens font plus facilement confiance à ceux qui sont plus expérimentés et que, d’autre part, parce qu’il est plus difficile, avec peu d’expérience, de trouver des solutions immédiates devant un problème juridique donné.
Par la suite, et en même temps que ma clientèle grandissait, je me suis impliqué dans les tâches administratives relatives au cabinet : recrutement des étudiants, stagiaires et jeunes avocats, membres du comité exécutif, implication quant aux questions financières, de budget et de gestion de personnel, etc… jusqu’à aujourd’hui à titre d’associé directeur. Ce fut et ça l’est toujours aujourd’hui, un grand défi que de jongler avec ces deux aspects de ma pratique en même temps. Le cabinet existe depuis plus de 40 ans et avec succès, et mon travail aujourd’hui est de faire en sorte que cela continue à travers les changements qui surviennent dans le  monde juridique. Il est pour cela nécessaire d’être très organisé et discipliné, tant envers ses collègues qu’envers ses clients, en sachant rester accessible en dépit des nombreuses demandes.

Si vous pouviez changer quelque chose à la pratique du droit, de quoi s’agirait-il ? Que faut-il améliorer ?
Je crois qu’il faut mettre davantage d’emphase sur l’esprit entrepreneur des avocats. Il est essentiel de mieux comprendre les clients et de bien cerner leurs objectifs. Devenir le conseiller du client et bien comprendre ce qu’il cherche à faire, permet de fournir de vraies solutions d’affaires et non seulement des solutions juridiques. Les avocats, à mon avis, auraient avantage à développer une telle approche, qui permet d’ailleurs une croissance plus grande et rapide de sa propre clientèle.

La perception du public envers la profession et les avocats en général est-elle plus positive, égale ou moins positive qu’elle ne l’était lors de vos débuts en pratique? Et pourquoi, à votre avis?
La réponse à cette question n’est pas facile à donner, comme elle implique forcément une généralisation. Il est vrai que le monde juridique est souvent vu comme un monde traditionnel et rigide. Cela dit, si l’on souhaite améliorer cette perception à l’endroit de la profession, il faut faire du mieux que nous pouvons pour rendre notre rôle plus dynamique, et pour faire en sorte que notre raison d’être soit plus valorisée. Être à l’écoute et être présent fait une réelle différence en ce sens. Un client ne veut pas se “faire vendre trois articles de loi” ou une solution technique, mais plutôt se sentir en confiance et se faire donner les bonnes recommandations, et surtout, des solutions.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière en cabinet ? Comment avoir du succès et gravir les échelons comme vous ?
Je crois qu’il faut savoir rester soi-même et, jusqu’à un certain point, ne pas avoir peur d’en faire à sa tête, même si au départ le milieu juridique peut paraitre intimidant. Il faut savoir être intègre, diligent et à l’écoute. Il ne faut pas, non plus, avoir peur d’être créatif.

Pouvez-vous nous donner un exemple personnel de cette créativité ?
Quand j’ai commencé à développer ma clientèle, j’ai à l’époque ciblé certains groupes de professionnels qui, selon moi, avaient besoin d’avoir plus de connaissances en fiscalité afin qu’eux-mêmes servent bien leurs clients. Et ça a fonctionné : mon approche était un peu différente de celle des autres qui souvent ciblaient les comptables. Je me suis, à l’inverse, orienté vers d’autres groupes, dont les planificateurs financiers, plutôt que vers ceux qui avaient déjà des contacts avec des avocats fiscalistes de beaucoup plus d’expérience que moi.

En vrac…
• Dernier bon livre qu’il a lu : « The Tao of Bruce Lee » Auteur : Davis Miller
• Dernier bon film qu’il a vu : « Café de Flore » Réalisateur : Jean-Marc Vallée
• Son resto préféré : Da Emma (de la Commune Ouest).
• Pays qu’il aimerait visiter : Nouvelle-Zélande.
• S’il n’était pas avocat, il serait… beach bum !!!

Bio
Me Alexandre Dufresne est l’associé directeur de Spiegel Sohmer Inc. et il est membre du département de droit fiscal du cabinet. Me Dufresne se spécialise en planification fiscale et en réorganisation corporative ainsi qu’en litige fiscal. Depuis 2011, Me Dufresne est reconnu comme l’un des meilleurs avocats au Canada dans le domaine de la fiscalité selon « The Best Lawyers ». En 2010, Me Dufresne a été lauréat du prix « Rising Stars : Leading lawyers under 40 » de Lexpert®.  Depuis 2009, Me Dufresne est nommé dans Lexpert® « Guide to the Leading US/Canada cross-border litigation lawyers » (volet fiscalité). Il est membre du Barreau du Québec depuis 1998.


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