Faisons parler les leaders – Daniel Desjardins

Faisons parler les leaders – Daniel Desjardins

Cette semaine, Dominique Tardif rencontre le grand patron des affaires juridiques de Bombardier, Daniel Desjardins, qui nous parle de sa carrière et de ses  grands défis professionnels.

Me Daniel Desjardins occupe, depuis le 1er octobre 2003, le poste de vice président principal, affaires juridiques chez Bombardier Inc. et siège au Comité de gestion de la Société.  Me Desjardins a aussi la responsabilité au siège social des dossiers d’environnement, santé et sécurité, de la gestion globale des risques et assurances et de la responsabilité sociale de l’entreprise.  Il a précédemment occupé le poste de vice-président, services juridiques de Bombardier Inc. d’avril 1998 à septembre 2003.  Il s’est mérité en juin 2007 le prix de « General Counsel of the Year » décerné à New York par le « International Law Office, Global Counsel Awards » avec l’appui de l’ « Association of Corporate Counsel ».

Pourquoi avez-vous décidé d’être avocat?
C’est vraiment par intérêt que j’ai opté pour le droit. Je suivais des cours d’économie au cégep, ce qui a développé ma curiosité pour le droit international et les échanges commerciaux. Je voulais comprendre comment la pratique du droit s’incorpore et s’adapte aux aspects commerciaux de la finance et du commerce international. La finance internationale commande une bonne compréhension des pratiques d’affaires, et j’étais intéressé par la façon dont tout cela s’intègre dans nos régimes de droit.

Quel est le plus grand défi professionnel auquel vous avez fait face?
C’est celui d’occuper le poste que j’ai accepté chez Bombardier et que j’occupe depuis douze ans! C’est un défi quotidien.  Nous voulons être les meilleurs à vendre des avions et des trains, et on ne peut donc pas se reposer sur nos lauriers; les choses bougent très vite et il faut pouvoir suivre le développement des affaires. Le défi consiste à s’assurer que le service juridique interne de Bombardier soit de très grande qualité, alors que la complexité des dossiers ne cesse d’augmenter. Il faut s’assurer de bien intégrer les services juridiques aux équipes d’affaires pour  leur garantir une véritable valeur ajoutée.

Si vous pouviez changer quelque chose à la pratique du droit, de quoi s’agirait-il?
Je pense qu’il y a place à l’amélioration dans la relation existante entre les services juridiques externes et internes, et je crois que l’économie actuelle est par ailleurs un bon catalyseur pour amener cette discussion. Quant à ce que je changerais sur la pratique du droit, c’est la façon dont sont menés les litiges, ici mais aussi dans de très nombreuses autres juridictions. Se retrouver devant les tribunaux est une façon souvent très inefficace de régler les différends. J’espère que nous développerons des systèmes plus diligents, rapides, efficaces et aussi moins coûteux à cet égard.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière?
Je crois que les vieilles recettes fonctionnent toujours aujourd’hui. Celles qui me guident encore sont celles de la curiosité intellectuelle et du travail. Il faut comprendre le pourquoi des choses, comprendre comment les enjeux d’affaires se concrétisent dans le contrat, parce que chaque chose a sa raison d’être. Il ne faut pas sortir d’une réunion avec des interrogations. Si on comprend le pourquoi, on peut ensuite aller chercher les réponses, et par la suite être en mesure de répondre aux questions qui proviennent de n’importe quelle section du contrat. Le travail fait aussi une différence. Les connaissances ne viennent pas toutes seules, il faut y mettre les heures, en droit comme ailleurs. On reconnaît tout de suite les jeunes qui travaillent fort et qui sont motivés. On le voit dans leurs yeux, ils ressortent tout de suite. Et pour ceux-là, il y aura toujours une place et de la demande.

En vrac…
Dernier bon livre lu D-day et la bataille de Normandie, d’Antony Beevor
Dernier bon film vu (sur l’avion!) « Danny Ocean 13 » v.o.a Ocean Eleven, (Réalisateur : Steven Soderbergh)
Restaurant préféré Graziella
Pays où il est allé, et où surtout il veut retourner Italie
S’il n’était pas avocat, il serait… Entraîneur d’équitation!


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