Faisons parler les leaders – David McAusland

Faisons parler les leaders – David McAusland

David McAusland est un associé du groupe du droit des affaires au cabinet McCarthy Tétrault. Il a jusqu’à récemment occupé le poste de vice-président directeur, Développement d’entreprise et de chef des Services juridiques d’Alcan Inc. où il a dirigé une équipe multinationale qui a mené à plus de 75 opérations de fusion et de désinvestissement ainsi que des ententes de coentreprises d’une grande complexité partout dans le monde. Avant de se joindre à Alcan, Me McAusland a pratiqué chez Fraser Milner Casgrain, où il a été associé directeur de 1988 à 1999. Me McAusland s’est notamment vu décerner les prix « Réalisation Exceptionnelle » (2008), et « Transaction d’Envergure » (2005), dans le cadre des Canadian General Counsel Awards. En 2002, il a obtenu une Médaille du Jubilée de Sa Majesté la Reine Elizabeth II pour services rendus aux collectivités et au public.

Pourquoi avez-vous décidé d’être avocat?
C’est difficile à dire, pour être franc. J’étais tellement jeune à l’époque, et ça me paraissait être une bonne idée à l’époque (rires)!  Cela m’intéressait, et j’ai décidé donc d’essayer. Il n’y a pas eu, vraiment, de grands questionnements ou une expérience particulière pour me guider vers le droit.

Quel est le plus grand défi professionnel auquel vous avez fait face?
Pour moi, c’est d’avoir réussi, dans plusieurs dossiers, à produire des résultats que plusieurs pensaient impossibles à obtenir; de faire du jamais vu, de « me mettre sur la ligne » pour livrer des résultats dans des cas extrêmes. Je crois que ma plus grande source de motivation réside dans le fait d’entendre que quelque chose est impossible à faire : je suis aussitôt extrêmement motivé à rendre les choses possibles. Je pense parmi d’autres à l’idée de faire l’OPA hostile sur Pechiney : la quasi-totalité des gens pensait que c’était irréalisable. Cela a pris des mois de réflexion et de préparation, dans les plus fins détails, pour développer un plan d’action et montrer que cela se faisait.

Si vous pouviez changer quelque chose à la pratique du droit, de quoi s’agirait-il?
Je crois que le défi principal des avocats, qu’il pratiquent en entreprise ou en cabinet, est de démontrer qu’ils sont capables d’accomplir une grande variété de choses et de faire des contributions extrêmement larges. Il faut savoir démontrer que l’avocat n’est pas une contrainte : il ne doit pas être « mis dans une petite boîte », à titre d’exécutant de dossiers dont les limites sont trop étroitement définies. Il faut vouloir réussir ensemble. Cet aspect est extrêmement important pour moi. C’est un de mes objectifs que de démontrer que les avocats peuvent faire davantage. « As for me, I don’t live in a box! »
Je trouve en effet que les avocats se laissent de plus en plus « peinturer dans de petites boîtes », de par la façon dont ils définissent leurs relations avec leurs clients et leur positionnement vis-à-vis des autres professions. Il faut éviter la marginalisation. Et pour cela, il faut notamment de la fluidité entre les départements, et de la bonne collaboration entre collègues. À mon avis, les meilleurs cabinets seront ceux qui auront les meilleures relations à l’interne – ce principe vaut pour les entreprises, et aussi dans les cabinets.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière?
Premièrement, débuter sa carrière n’est facile nulle part aujourd’hui. Ce n’est pas seulement l’apanage du monde juridique. À quelqu’un qui dit : “it’s tougher than I expected, I would say : well, wake up and smell a coffee! It’s tough everywhere. » Il faut simplement continuer de foncer et avoir la patience d’apprendre, d’écouter et de se préparer à un avenir nécessairement très différent.  Nous sommes dans une période de changements constants, et il faut travailler extrêmement fort pour vraiment avoir une perspective mondiale. Il est critique pour les jeunes avocats d’avoir une bonne compréhension du monde financier. Je ne réfère pas ici simplement aux différentes lois sur les compagnies, mais plutôt à la façon dont le monde financier fonctionne et dont les chiffres fonctionnent. C’est un atout compétitif énorme que de savoir comment identifier la valeur d’une compagnie, et ceux qui ne le savent pas en seront handicapés. Je crois que l’atout que cela représente est souvent sous-estimé.
La capacité d’être créatif est elle aussi une qualité nécessaire qui va de pair avec la volonté d’exceller dans ce qu’on fait. La créativité est un élément très important dans ma vie quotidienne, tant pour obtenir des mandats que pour trouver des solutions aux problèmes. Il faut mettre en valeur son talent créatif.

Questions en vrac
Livre préféré, qu’il conseille à plusieurs ces jours-ci: Fooled by randomness, Nassim Nicholas Taleb
Dernier bon film vu (et trouvé très amusant!) Julie & Julia (Réalisateur : Nora Ephron)
Restaurant préféré Ferreira
Pays où il veut retourner pour mieux le visiter : Zambie
Si je n’étais pas avocat, je serais… Il s’agirait d’un travail qui me permettrait d’être créatif. Pour moi, la matière et le sujet compte, mais le milieu de travail y est aussi pour beaucoup. Je crois que ce qu’on aime dans la vie est défini dans une grande mesure par la qualité de nos collègues et la chimie qu’on établit avec nos clients.


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