Faisons parler les leaders – Frédérick Carle

Faisons parler les leaders – Frédérick Carle

Cette semaine, Dominique Tardif s’entretient avec le président de l’Association du Jeune Barreau de Montréal Frédérick Carle. S’il est connu pour son poste au sein de l’association, on en oublie parfois que c’est un criminaliste à la tête de son cabinet, et qui nourrit à l’égard de son métier une véritable passion.

La carrière d’avocat de Frédérick Carle a démarré en 2004 au sein du cabinet Shadley Battista. Quatre ans plus tard, il se met à son compte.

Pourquoi avez-vous, à l’origine, décidé d’être avocat plutôt que de choisir un autre métier/ profession?
Cela vient d’une passion d’adolescence : j’adorais, à cet âge, les films et « livres d’avocats » à la John Grisham, de même que les histoires américanisées de procès devant jury.
J’ai toujours été fasciné par la façon dont la société réagit face aux criminels et décide de les punir de telle ou telle façon, ainsi que par les motifs poussant les gens à commettre ces crimes. Plaider, aller en Cour était aussi un défi qui m’intéressait beaucoup. J’ai décidé dès l’école secondaire que c’était ce que je voulais faire. Je me suis inscrit strictement dans le but de faire du droit criminel, pour la poursuite ou pour la défense. Si je ne m’étais pas trouvé un emploi dans le domaine, j’aurais certainement quitté le milieu pour faire autre chose.

Quel est le plus grand défi professionnel auquel vous anticipez faire face au cours de la prochaine année?
Mon plus grand défi sera certainement celui de concilier mes deux fonctions, à savoir celles de Président de l’AJBM et d’avocat. Contrairement à la très forte majorité des anciens Présidents de l’AJBM, qui avaient des emplois stables en cabinet et une paie régulière chaque deux semaines, j’ai mon propre bureau. Je dois donc concilier la gestion administrative et de personnel, les activités de marketing ainsi que les plaidoiries & dossiers au fond avec mon implication comme président, qui selon ce qu’en disent mes prédécesseurs implique 25 heures de bénévolat par semaine en moyenne.

Et comment fait-on pour réussir tout cela?
Il faut aimer ce qu’on fait, travailler fort et faire certains choix! La gestion de son horaire est beaucoup plus agréable quand on sait gérer son temps et qu’on aime ce que l’on fait, même si cela implique parfois de se lever un peu plus tôt et de se coucher un peu plus tard!

Si vous pouviez changer quelque chose à la pratique du droit, de quoi s’agirait-il?
L’éthique professionnelle doit et devrait pour moi être au sommet de tout, chez tous les avocats et quel que soit leur domaine de pratique. Je constate malheureusement, quand je vais à la Cour, que ce n’est pas toujours le cas. Il s’agit parfois du comportement de l’avocat devant un juge, du manque de préparation ou encore de la façon dont le dossier est présenté.
… Et tout est affecté par ça. Si tous étaient droits, honnêtes et conciliants, les dossiers de Cour se feraient plus facilement. Non seulement l’accessibilité à la justice en serait améliorée, mais l’image de l’avocat aussi, de même que les relations entre confrères, pour ne nommer que quelques exemples.

Comment percevez-vous l’image du public envers la profession et les avocats en général?
Même si je ne pratique que depuis quelques années, ma perception est que les choses ne s’améliorent pas. Cela dit, il se peut que la perception soit la même, mais qu’elle me paraisse différente simplement parce que je suis, avec les années, moins naïf qu’au début! Comment améliorer cette perception ? L’image de l’avocat est beaucoup liée à celle de la pratique des avocats criminalistes: même s’ils ne représentent que 4-5% des avocats, ils ont à peu près 90% de la visibilité des avocats dans les médias. Un petit échantillon donc, mais un impact important. À mon avis, assurer que ce 4-5% soit parfaitement honnête, intègre et irréprochable ne pourra qu’avoir un impact positif non seulement sur ce secteur de pratique, mais par ricochet sur l’ensemble de la profession.
Dans un autre ordre d’idées, je crois que d’assurer une meilleure éducation à la population sur ce que constitue le système de justice au Québec pourrait être bénéfique : non seulement cela permettrait aux gens de connaître les règles qui, ultimement, gouvernent leur conduite en société, mais cela leur permettrait de mieux comprendre le système et les décisions qui sont prises dans les différents dossiers médiatisés.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière et voulant se lancer à son propre compte?
Il faut évidemment se développer un réseau de support, autant auprès de collègues du même âge que de plus senior, et autant de gens de son propre milieu que d’avocats venant d’autres secteurs de pratique. Ces gens nous donnent le support, nous conseillent sur la stratégie à mettre en place et à donner à son cabinet, nous permettent d’échanger sur des points de droit, d’établir un système de référence de dossiers, etc. Trop de gens choisissent de fonder leur bureau par défaut, parce qu’ils n’ont pas trouvé le poste qu’ils recherchaient. À mon avis, il s’agit d’une mauvaise raison pour se lancer en affaires, parce qu’il faut y tenir pour réussir.
Finalement, et quant à moi, le fait d’avoir été avocat salarié pendant quelques années avant de me lancer à mon compte, a véritablement constitué un avantage, et m’a beaucoup appris.

En vrac…
Son livre préféré : « Moneyball » Auteur : Michael Lewis
Un de ses films préférés : « Des hommes d’honneur » Réalisateur : Rob Reiner
Restaurant préféré : Le Marly (Côte du Beaver Hall)
Un endroit qu’il aimerait visiter : Bora Bora.
S’il n’était pas avocat, il serait… directeur-gérant ou entraîneur d’une équipe de baseball professionnelle!

Bio
Me Frédérick Carle, avocat criminaliste, a amorcé sa carrière en 2004 chez Shadley Battista, cabinet spécialisé en droit criminel, droit pénal et droit disciplinaire. En octobre 2008, il quitte le cabinet pour fonder son propre bureau. En juin 2006, Me Carle a eu l’occasion de siéger sur l’équipe de procureurs indépendants au sein de la « Commission d’enquête relative aux mesures d’investigation prises à la suite de l’attentat à la bombe contre le vol 182 d’Air India ». Il a également été appelé à intervenir comme avocat-conseil du coroner ad hoc André Perreault dans le cadre de l’enquête publique concernant la mort de Fredy Villanueva le 9 août 2008, mandat qui d’ailleurs est toujours en cours.
Depuis son entrée au Barreau du Québec en 2004, Me Carle est très impliqué auprès de l’Association du Jeune Barreau de Montréal (AJBM). Présentement 112e Président de l’AJBM pour le mandat 2011-2012, Me Carle est très engagé dans la communauté juridique, entre autres en offrant ses services de conférencier aux écoles (cégep et écoles secondaires), associations (AJBM, Association des avocats de la défense de Montréal) et bureaux d’avocats intéressés par le droit criminel et pénal. Premier Président de l’histoire de l’AJBM gradué de l’UQAM et premier criminaliste à occuper ces fonctions depuis Claire Barrette-Joncas en 1962, le travail de Me Carle auprès de la communauté démontre bien qu’il a à cœur les intérêts de la relève juridique.


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