Faisons parler les leaders – Geneviève Ricard

Faisons parler les leaders – Geneviève Ricard

Cette semaine, Dominique Tardif rencontre Geneviève Richard, la chef du contentieux chez Belron Canada. Elle lui parle des défis qui ont jalonné sa carrière et de son approche du métier.

Chef du contentieux chez Belron Canada, Geneviève Richard supervise toutes les opérations du groupe à travers le pays.

Pourquoi avez-vous, à l’origine, décidé d’être avocate plutôt que de choisir un autre métier/profession? Est-ce de famille?
Mon père est avocat de formation et aujourd’hui juge. Je connaissais donc le milieu, mais ce n’est, ceci étant, pas parce qu’on m’a poussée vers le droit que j’ai choisi la discipline. En fait, j’aimais le fait de pouvoir « jouer » avec différents concepts. J’avais l’impression que le droit était une discipline qui oblige à se renouveler et à constamment apprendre de nouvelles choses, ce que j’appréciais. Toute jeune, je m’asseyais avec mon père pour écouter les Bernard De Rome de ce monde et autres émissions d’information, et m’apercevais que non seulement les hommes politiques étaient souvent avocats, mais que beaucoup de ceux qui faisaient avancer les choses et qui allaient loin dans la vie avaient cette formation.

Quel est le plus grand défi professionnel auquel vous avez fait face au cours de votre carrière?
Mon plus grand défi est de savoir marier la pratique du droit avec la gestion dans le contexte d’acquisitions massives que nous vivons chez Belron actuellement. Le défi est de trouver le temps de gérer la croissance du département au fur et à mesure que l’entreprise grandit, question de suivre la cadence. Il est important de prendre le temps nécessaire pour permettre aux gens qui composent une équipe de se développer, afin de s’assurer qu’ils performent bien, dans un environnement qui leur plaît – ce qui a, par ricochet, pour conséquence d’aider l’entreprise à atteindre ses objectifs.
Nous allons à l’école pour être de bons praticiens. Mais nous apprend-on à devenir de bons leaders? Pour moi, être un bon gestionnaire n’implique pas seulement que de faire son travail juridique. Un gestionnaire peut en effet obtenir des rendements additionnels si les gens qu’il supervise sont confortables et heureux dans leur environnement. Le gestionnaire doit savoir qu’il a un rôle à jouer à cet égard.

Quels sont selon vous les changements à anticiper au cours des années à venir quant à l’exercice de la profession?
Je pense que la pratique du droit sera appelée à changer, dans la mesure en effet où la clientèle d’affaires ne veut pas seulement que connaître l’état du droit. Lorsque l’avocat en entreprise appelle l’avocat en cabinet, il ne veut pas un « cours de droit », mais plutôt une solution d’affaires. De plus en plus, l’évaluation de la performance de l’avocat externe tient à sa capacité à transposer sa réalité et son expertise à la réalité d’affaires du client. C’est, à mon avis, la clé d’une relation d’affaires à long terme entre le client en entreprise et l’avocat externe. Certains avocats excellent à cet égard, alors que d’autres pourtant très compétents dans leur secteur ont trop rapidement le réflexe de dire « mais tu ne peux pas faire ça ». Il faut apprendre à trouver des chemins juridiques convenables pour permettre aux gens d’affaires de parvenir à leurs fins. Comprendre la réalité opérationnelle du client en entreprise est l’une des clés de la réussite. En tant qu’avocat en entreprise, j’encourage souvent nos avocats de pratique privée à venir nous visiter pour mieux comprendre ce que nous faisons. À mon avis, plus une firme externe s’intègre à ce niveau, plus elle acquiert un avantage compétitif par rapport aux autres.

La perception du public envers la profession et les avocats en général est-elle plus positive, égale ou moins positive qu’elle ne l’était lors de vos débuts en pratique? Et pourquoi, à votre avis?
Je pense qu’elle est mieux qu’elle ne l’était, malgré le fait qu’il y ait quand même toujours une ombre au tableau. Le Barreau a, plus récemment, su prendre davantage de place dans les débats de société, ce qui a contribué à mettre de côté l’image parfois négative qu’a la profession et qui est  véhiculée dans la société. La profession fait, je crois, un effort conscient, à travers les différents barreaux, pour favoriser l’accessibilité et aider à la démystifier aux yeux du public.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière? Que faut-il pour être un bon avocat d’entreprise?
D’abord, il faut comprendre la réalité opérationnelle de son entreprise. D’autre part, il faut savoir accepter que tout ne peut pas toujours être fait en fonction de la première option que l’on recommande. Il faut aussi savoir écouter son client interne, et l’influencer pour qu’il comprenne combien « prévenir est beaucoup mieux que guérir ». Finalement, il faut savoir faire preuve d’une bonne capacité d’analyse stratégique : mieux on comprend, plus on peut influencer les solutions d’affaires qui vont engendrer les résultats, tant du point de vue juridique que du positionnement stratégique de l’entreprise.

En vrac…
• Dernier bon livre qu’elle a lu : « La Course » Auteur : Pascale Michaud
• Elle nous recommande de voir le film : « Fleur du désert », Réalisatrice : Sherry Hormann
• Son resto préféré : Europea (Rue de la Montagne)
• Elle aimerait visiter… le Vietnam.
• Si elle n’était pas avocate, elle… aurait une serre de production d’épices! (c’est qu’elle adore faire la cuisine!)

Bio

Me Geneviève Richard est chef du contentieux chez Belron Canada Inc. Me Richard est diplômée de l’Université de Sherbrooke et a été admise au Barreau du Québec en 1997. Elle est également diplômée de l’Université de Montréal, ayant réussi le Diplôme d’études supérieures spécialisées en droit des affaires. Me Richard a débuté sa carrière en pratique privée dans un cabinet se spécialisant en droit du transport international pour ensuite la poursuivre au sein du Groupe CSL Inc., une des compagnies canadiennes les plus importantes dans le domaine du transport maritime. Tout au long de sa carrière, Me Richard a eu l’opportunité de conseiller des entreprises en matière de droit international, d’activités d’import-export, de transport maritime, de financement international, de gestion du risque ainsi qu’en ce qui a trait aux fusions et acquisitions. En tant que Chef du contentieux pour Belron Canada, Me Richard poursuit maintenant sa carrière en développant son expertise dans les secteurs de vente en gros et au détail, Belron Canada est le chef de file au Canada dans le domaine du remplacement, de la réparation et la distribution de vitres d’auto.  Les activités de Belron Canada sont concentrées dans 380 centres de services et 38 centres de distribution et entrepôts à travers les 10 provinces canadiennes. Belron Canada est membre de Belron International qui opère à travers le monde dans 38 pays. Me Richard supervise toutes les opérations de Belron Canada partout au pays à travers ses diverses bannières : Lebeau Vitres d’autos, Speedy Glass, Duro Vitres d’autod, Apple Auto Glass, Standard Auto Glass et Novus. De plus, Me Richard offre son soutien à la division de distribution de l’entreprise, Vanfax. Me Richard est membre du Barreau du Québec, de l’Association du Barreau canadien et l’Association canadienne des juristes en entreprise. Me Richard siège également sur le comité des avocats et avocates en entreprise du Barreau du Québec.


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