Faisons parler les leaders – Isabelle Tremblay

Faisons parler les leaders – Isabelle Tremblay

Cette semaine, Dominique Tardif rencontre Isabelle Tremblay, vice-présidente des opérations de la compagnie GE Capital Canada. Elle lui livre sa vision du métier et revient sur ses défis.

Isabelle Tremblay a débuté sa carrière au sein de l’Aide Juridique de Montréal. Elle a intégré par la suite un cabinet, œuvrant en litige commercial et familial.

Pourquoi avez-vous, à l’origine, décidée d’être avocate plutôt que de choisir un autre métier/profession?
Je dois dire que, et même si j’ai toujours aimé argumenter et exprimer mes idées, je ne me dirigeais initialement pas vers le droit. J’avais plutôt à l’école, de la facilité pour les mathématiques et les sciences appliquées. Au cégep, le chemin à suivre était clair pour moi: je deviendrais ingénieure. Lorsque le temps est venu de faire mes demandes d’admission, j’ai soumis mon dossier en génie, comme prévu, mais aussi en droit. Après réflexion, j’ai réalisé que j’avais besoin d’interagir avec les gens, d’avoir des quotidiens avec eux, etc. Je connaissais l’expression qui veut que “le droit mène à tout”, et je savais bien que je ne perdrais donc pas mon temps. Le droit a été un coup de cœur: je me suis vraiment retrouvée au bon endroit et n’ai jamais regretté ma décision!

Quel est le plus grand défi professionnel auquel vous avez fait face chez GE?
Ce qui me passionne chez GE et qui fait en sorte que j’y suis toujours après douze ans, c’est le besoin de continuellement devoir se réinventer, année après année. On nous demande de changer les choses, mais en pensant en même temps toujours à nos clients. Le défi, de façon quotidienne, est de repousser nos limites.
Il peut par exemple s’agir de trouver une nouvelle façon de faire en sorte qu’il soit moins contraignant pour un client de se faire financer par GE. Il faut alors naviguer à travers les règles juridiques et les politiques, faire le lien avec chacun des départements, dont le crédit, le contentieux et les politiques d’affaires, pour s’assurer que le client veuille revenir chez nous et ait une expérience agréable et satisfaisante. GE accorde en ce sens beaucoup d’importance à différents thèmes, comme “imagination at work”, “courage”, “clear thinker” par exemple. Ces thèmes font partie du quotidien et nous tiennent alertes.

Si vous pouviez changer quelque chose à la pratique du droit, de quoi s’agirait-il?
Les clients sont aujourd’hui plus sophistiqués et exigeants qu’avant, et la profession doit à mon avis s’y adapter. L’avocat doit être encore davantage à l’écoute de ses clients et de ce qu’ils veulent, et trouver des solutions concrètes et réalisables pour eux. Il doit chercher à savoir ce qui se passe “à l’interne”, en même temps que d’être au fait de l’environnement externe (dont l’économie). Il doit vraiment anticiper les éléments et points de négociations pouvant avoir des impacts sur les résultats, et être capable de bâtir une réelle synergie avec son client.

La perception du public envers la profession et les avocats en général est-elle plus positive, égale ou moins positive qu’elle ne l’était lors de vos débuts en pratique? Et pourquoi, à votre avis?
Je crois que de façon générale, la perception est relativement bonne même s’il existe, il est vrai, des cas d’exception. La perception dépend aussi, dans une certaine mesure, des secteurs de pratique, et n’est pas égale à tous les niveaux. En droit des affaires, par exemple, je crois que la perception du public est plutôt positive. On voit d’ailleurs, encore plus qu’avant, des partenariats entre avocats et intervenants du milieu des affaires. On ne fait plus seulement affaires avec l’avocat quand il y a un problème; on y a recours à titre de conseiller d’affaires. Dans d’autres secteurs, le cynisme envers la profession est plus présent, dépendant parfois de ce qui est véhiculé dans les journaux. Le Barreau fait,, cela dit beaucoup d’efforts pour aider à une perception qui soit plus favorable.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière?
Il faut savoir écouter, être préparé et bien connaître son sujet. Il faut se montrer patient et “faire ses devoirs” pour développer son expertise. Il faut aussi poser les bonnes questions et au bon moment. Cela permet non seulement de démontrer son intérêt, mais aussi d’avoir un échange qui permet d’apprendre plus rapidement. Et outre le fait de faire ce qui est demandé, il faut être volontaire et prêt à en faire un peu plus, histoire d’apprendre. Finalement, développer son réseau et s’impliquer socialement est important : c’est quelque chose qui nous suit toute notre vie.

En vrac…
• Dernier bon livre qu’elle a lu : « Limonov » Auteur : Emmanuel Carrère
• Sa série télévisée préférée : « Mad Men » Réalisateur : Matthew Weiner
• Son resto préféré : DNA (rue Marguerite D’Youville)
• Un pays qu’elle aimerait visiter : La Russie
• Si elle n’était pas avocate, elle serait… médecin sans frontière!

Bio
Me Isabelle Tremblay est vice-présidente des opérations chez GE Capital Canada depuis août 2011. Me Tremblay dirige plus particulièrement l’équipe responsable de la documentation des transactions de financement et cela, pour tous les secteurs d’activité de l’entreprise. Me Tremblay est diplômée de l’Université d’Ottawa et fut admise au Barreau du Québec en 1995. Me Tremblay a débuté sa carrière au sein de l’Aide Juridique de Montréal, section civile, pour ensuite la poursuivre en cabinet privé en se spécialisant en litige commercial et familial. Souhaitant rediriger sa carrière, Me Tremblay a eu l’opportunité de joindre à l’entreprise GE Capital Canada au printemps 2000. Au cours des dernières années, Me Tremblay a occupé diverses fonctions et pu participer à plusieurs initiatives dont la création du département national de vérification des contrats de financement et d’autorisation des déboursés.  Me Tremblay en dirigea l’équipe de 2003 à 2011.  Me Tremblay fut également Quality Leader de l’entreprise (2006-2010), soit responsable des initiatives Six Sigma et d’amélioration continue.  Me Tremblay fait partie de l’équipe en charge du développement professionnel des nouveaux employés et est également membre du GE Women’s Network, association cherchant à promouvoir le rôle des femmes au sein de l’entreprise.

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