Faisons parler les leaders – John Murphy

Faisons parler les leaders – John Murphy

Cette semaine, c’est John Murphy, le grand patron de Borden Ladner Gervais à Montréal, que rencontre Dominique Tardif. Il raconte ses origines, son parcours et ses plus gros.

Me John Murphy est associé directeur du bureau de BLG à Montréal depuis 2006.

Pourquoi avez-vous, à l’origine, décidé d’être avocat plutôt que de choisir un autre métier/profession?
Il n’y a pas de juriste dans ma famille – je n’ai donc personne à blâmer, (dit-il à la blague).
En fait, la réponse vient plutôt du fait que, très jeune, je me suis intéressé aux lois, aux questions gouvernementales et aux normes qui régissent notre société. Le droit est donc venu tout naturellement. J’ai complété un baccalauréat en commerce à McGill et, sachant que je ne devrais pas rester à Montréal sans d’abord améliorer mon français, j’ai poursuivi avec des études en droit à l’Université de Sherbrooke.

Quels ont été les plus grands défis professionnels auxquels vous avez fait face au cours de votre carrière?
D’abord, pouvoir cumuler le rôle d’avocat à celui d’administrateur est un grand défi au quotidien. Même à titre d’associé directeur, il a toujours été important pour moi de demeurer près de la pratique du droit. En 2008-2009, un dossier m’a mené à un procès de 7 mois – ce fut tout un défi! Aux pauses pendant le procès, je devais non seulement m’occuper du dossier, mais aussi assumer mes autres responsabilités comme administrateur, et prendre ou donner mon aval quant à certaines décisions. Il faut nécessairement savoir déléguer dans ces circonstances, et j’ai eu la chance d’être très bien épaulé, tant par notre administration que par l’équipe qui travaillait sur le dossier. Par ailleurs, et dans un autre ordre d’idées, je pense au « défi BLG ». J’ai été un des associés ayant participé à la création de ce qui est devenu le plus important cabinet au Canada en nombre d’avocats. Je représentais McMaster Gervais sur le comité négociateur qui a conduit  en 1999-2000, à la création de BLG. Il s’agissait en quelque sorte de négocier la constitution de base, si l’on veut utiliser cette analogie à la politique, et de trouver un terrain d’entente commun qui permette de rassembler en même temps les associés de cinq bureaux régionaux. Lorsque j’ai été nommé au comité de gestion et au conseil national par la suite, s’est poursuivi un travail d’harmonisation des politiques et de création d’une vision et d’une culture de succès. J’ai une immense fierté pour ce qu’on a su réaliser ensemble.

Si vous pouviez changer quelque chose à la pratique du droit, de quoi s’agirait-il?
Je ferais en sorte qu’il y ait plus d’heures dans une journée!
La pratique nous conduit à être extrêmement sollicités: les conseils d’administration, les levées de fonds, les activités pour soutenir les organismes sans but lucratif, etc. Je crois qu’il fait partie des responsabilités d’un professionnel de s’impliquer dans la communauté; il faut participer, et redonner à la communauté. La pratique est très exigeante, et il faut donc évidemment faire des choix. Mais surtout, il ne faut pas cesser de s’impliquer. Je crois qu’il est très important de le faire pour la société.

La perception du public envers la profession et les avocats en général est-elle plus positive, égale ou moins positive qu’elle ne l’était lors de vos débuts en pratique? Et pourquoi, à votre avis?
Je crois que l’image est à peu près la même qu’avant, et que l’on travaille à l’améliorer. Pensons par exemple à la création de Pro Bono Québec, qui démontre l’intérêt que les professionnels ont pour leur communauté. BLG est, au même titre, très proactif avec le pro bono, et je crois que ce genre d’initiative contribue favorablement à la perception qu’a le public de la profession.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière, et rêvant de devenir un avocat reconnu dans son domaine de pratique en même temps qu’un gestionnaire, comme vous?

Je crois qu’il faut, d’abord, se préparer à travailler fort. Ensuite, il faut réaliser que nous sommes à l’aube d’une multitude d’opportunités internationales. Nous accompagnons, depuis plusieurs années, nos clients de grande taille dans leurs initiatives à l’étranger. Aujourd’hui, toutes les entreprises, de quelque taille que ce soit, ont accès à des opportunités d’affaires à l’international. Il suffit parfois simplement d’un clic à l’ordinateur pour savoir les y accompagner.
Cette grande facilité, avec l’internet, de communication de l’information change les choses, et ceux qui sauront gérer efficacement ces informations seront ceux qui « gagneront la course ». L’avocat qui saura avoir les outils les plus performants et les données les plus à jour possible, arrivera aux occasions d’affaires le premier. Il faut, à mon avis, miser sur ces opportunités, identifier les occasions d’affaires et assister ses clients en ce sens.

En vrac…
Dernier bon livre qu’il a lu: « Team of Rivals: The Political Genius of Abraham Lincoln » Auteur : Doris Kearns Goodwin
Il est amateur… de spectacles humoristiques, dont ceux de Louis-José Houde et John Pinette.
Restaurants préférés : il aime manger sur les terrasses du Café Daylight Factory (rue Saint-Alexandre), Boris Bistro (rue McGill) et II Cortile (rue Sherbrooke Ouest) l’été. Il vous recommande aussi le Café Gratitude (en Californie) et le Grifone (à New York).
Pays qu’il aimerait visiter: l’Australie.
S’il n’était pas avocat… Il ferait carrière dans l’univers des médias, peut-être comme journaliste!

Bio
Me John Murphy est associé directeur du bureau de Borden Ladner Gervais à Montréal depuis 2006. Il pratique dans les domaines du droit de la construction, du cautionnement, du détournement et de la fraude, de la responsabilité du fabricant, en défense des réclamations en responsabilité professionnelle des propriétaires, architectes, ingénieurs et de leurs assureurs, devant toutes les instances du Québec incluant l’utilisation des méthodes alternatives de résolution de conflits, l’arbitrage et la médiation. Me Murphy fournit des opinions sur tous les aspects de l’industrie de la construction (soumission, contrat, hypothèque légale, réclamation, etc.) incluant réclamation en vertu des cautionnements et compensation additionnelle. Me Murphy représente des assureurs et institutions financières dans des saisies de biens et recouvrement contre des tierces parties. Me Murphy détient un baccalauréat en commerce de l’Université McGill (1986); il est diplômé de la faculté de droit de l’Université de Sherbrooke (1989) et fut admis au Barreau du Québec en 1990. Me Murphy est associé chez Borden Ladner Gervais depuis 1998.


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