Faisons parler les leaders – Marc Lemieux

Faisons parler les leaders – Marc Lemieux

Cette semaine, Dominique Tardif rencontre le vice-président des affaires juridiques de Gaz Métro, Marc Lemieux, qui nous parle de sa carrière et de ses  grands défis professionnels.

Marc Lemieux s’est joint à Gaz Métro en février 2007 à titre de vice-président aux affaires juridiques et secrétaire corporatif, où il supervise une équipe de plus de quinze personnes. Me Lemieux a entrepris sa carrière comme clerc juridique à la Cour suprême du Canada pour l’honorable Claire L’Heureux-Dubé, en 1988 et 1989. Il a par la suite exercé en pratique privée de 1990 à 2006 chez McCarthy Tétrault, principalement dans les domaines du financement et des services bancaires. Me Lemieux est chargé de cours à la faculté de droit de l’Université McGill, où il enseigne le droit bancaire depuis 2002.

Pourquoi avez-vous décidé d’être avocat?
Ça a été le fruit d’une lente évolution : j’ai commencé en mathématiques. Je n’étais pas, en sortant du Cegep, convaincu que j’avais une vocation, comme d’autres le sont. Les mathématiques, c’était un peu pour moi comme d’aller au gymnase pour rester en forme. Je suis allé jusqu’en maîtrise, et à ce moment, je savais que je ne continuerais pas sur cette voie. J’avais aussi beaucoup d’intérêt pour les sciences humaines, et je me suis demandé ce que je pouvais faire qui m’en rapprocherait tout en me donnant des perspectives raisonnables d’emploi. C’est comme ça que j’en suis venu à choisir le droit.

Quel est le plus grand défi professionnel auquel vous avez fait face?
Mon plus grand défi a été de faire la transition d’avocat de pratique privée à celle de chef de contentieux d’une grande entreprise. C’est aussi probablement la chose dont je suis le plus fier. Ce n’est pas une transition évidente à faire : les habiletés dont on a besoin pour réussir en entreprise ne sont pas toutes les mêmes que celles qu’on acquiert en cabinet. Cela implique d’apprendre à gérer une équipe et, dans mon cas, de passer d’une pratique spécialisée en droit bancaire à une pratique généraliste impliquant l’administration de questions de tous les domaines du droit. Il faut savoir comprendre quelles sont les habiletés nécessaires pour réussir et se livrer à un exercice de « réécriture du disque dur », si l’on veut. Il faut beaucoup d’humilité et d’écoute pour y parvenir.

Si vous pouviez changer quelque chose à la pratique du droit en entreprise, de quoi s’agirait-il?
Je crois qu’une des choses à changer est la façon dont sont gérés les dossiers légaux. Il  faudra changer l’encadrement des coûts légaux dans le futur, ce qui impliquera nécessairement plus de discussions avec le client (soit l’entreprise) sur la « façon de mener la barque » à terme. Il y a une présomption de base dans le milieu qui veut que tous les efforts requis sont nécessaires pour chaque dossier. Je crois pour ma part qu’il devra y avoir une prise de conscience dans le marché à l’effet qu’il peut exister des niveaux de service différents pour des dossiers différents. L’avocat d’entreprise devra s’impliquer davantage avec le cabinet pour déterminer qui fera quoi, combien de personnes travailleront sur le dossier et à quoi devront ressembler telle et telle étape du dossier. Je crois qu’il faudra que les avocats, comme un gestionnaire de projets, fassent rapport sur l’avancement du dossier, plutôt que sur l’avancement du budget.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière
J’aime bien les jeunes qui ne perdent pas leur créativité : quand on commence, on a souvent des idées et intuitions qui ne sont pas « préprogrammées » par de nombreuses années  d’expérience. Je crois qu’il faut leur dire de bien écouter leurs mentors,  mais sans perdre leurs idées. Il y a beaucoup de pression au conformisme dans ce métier, et il faut savoir penser « en dehors de la boîte », comme on dit en anglais.

En vrac…
Dernier bon livre (et il l’a lu en espagnol!) « Quantos de Eva Luna », d’Isabel Allende
Dernier bon film « A serious man» (Réalisateurs: Ethan Coen & Joel Coen)
Restaurant préféré Nizza (René-Lévesque)
Pays qu’il aimerait visiter (et y pratiquer l’espagnol en même temps!) L’Argentine
S’il n’était pas avocat, il serait… Non, pas mathématicien!… Plutôt comptable ou économiste!


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