Faisons parler les leaders – Robert Paré

Faisons parler les leaders – Robert Paré

Cette semaine, Dominique Tardif rencontre Me Robert Paré, associé chez Fasken Martineau, qui nous parle de sa carrière et de ses grands défis professionnels.

Me Robert Paré est associé chez Fasken Martineau. Il exerce dans le domaine des fusions et des acquisitions, des marchés des capitaux et de la gouvernance d’entreprise.

Pourquoi avez-vous décidé d’être avocat ?
Mon père était un professionnel, mais dans un autre domaine : il était comptable agréé. Il y a toujours eu, même si les deux environnements sont bien différents, une certaine proximité entre le droit et ce domaine, et ça a probablement eu une certaine influence sur moi.
La bifurcation vers le droit s’est faite pour un ensemble d’éléments, dont le fait que, lorsqu’il y avait un élément stratégique important à considérer, j’avais le sentiment que c’est davantage au droit qu’à la comptabilité que l’on faisait appel pour gérer la situation.  Mon choix de carrière a donc été dès le début plutôt clair : la question du risque et de la stratégie situe la pratique du droit dans une dimension plus ‘grise’, ce qui me plaît particulièrement, alors qu’en comptabilité, tout est plutôt noir ou blanc.

Quel est le plus grand défi professionnel auquel vous avez fait face ?
Ici, je répondrai par un concept générique plutôt que spécifique: tout au long d’une carrière, l’un des défis récurrents est de savoir dire non, et d’anticiper à quel moment on doit être le plus habile possible, tout en restant rigoureux dans son analyse et les avis que l’on rend.
Il faut savoir ‘tirer la ligne’ et parler franchement au client, ce qui n’est pas un exercice facile en soit.  Il faut, dans les situations à risque, devoir livrer son expérience et son instinct à nos clients pour maintenir l’affaire sur la bonne voie. Il est difficile de dire non parce que les entrepreneurs et décideurs sont très motivés et orientés vers un but spécifique; il est important de faire preuve de beaucoup d’anticipation et de savoir leur communiquer correctement les obstacles.  A défaut, les regrets peuvent en effet naître de ne pas avoir été assez clair.
Et l’expérience, à cet égard, permet de voir venir les choses. À chaque première fois, c’est une première surprise : le passage du temps permet d’avoir un meilleur sens de l’anticipation. N’en demeure pas moins que la communication est extrêmement importante pour faire une synthèse du problème, en débutant avec les questions techniques pour terminer avec les questions stratégiques.

Quels sont selon vous les changements à anticiper au cours des années à venir quant à l’exercice de la profession en cabinet ?
Je crois que ce qui est à venir et qui constituera un grand défi pour les cabinets canadiens est l’internationalisation.  Les grands cabinets d’ici ont maximisé leur empreinte sur le marché canadien et, pendant ce temps,  les autres grands cabinets, dont les britanniques, ont développé des réseaux à l’international, ce qui a d’ailleurs été la base de leur hégémonie financière du dernier siècle. Les cabinets canadiens accusent donc un certain retard sur ce point, ce qui entraîne en même temps un défi intéressant, soit celui d’utiliser cette expertise à l’étranger pour être capable de deux choses : d’une part, de développer des niches sur le marché international, et d’autre part, d’être ainsi plus ‘en amont’ des choses, en garantissant que lorsque des opérations importantes ont lieu chez nous, nous soyons au centre de celles-ci.  Il y a donc également un défi de mobilité pour la nouvelle génération d’avocats.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière ?
Je crois qu’il faut accepter le fait que la progression de carrière est un long cheminement. Cela dit, il est important de faire des efforts pour très bien se situer dans l’environnement politique, et avoir une soif d’apprendre au sujet des grands enjeux canadiens, nationaux et internationaux. Une bonne partie du temps des jeunes doit être consacrée à ce genre de lecture (et cela inclut le fait de lire les différents journaux chaque matin), de sorte qu’au fil du temps, ils soient confortables de se ‘retrouver dans un plus grand ensemble, moins technique mais plus important’. Il faut, lorsque l’on pratique en droit des affaires, comprendre les lois de l’offre et de la demande, être au fait des grands débats économiques et comprendre les grands leviers financiers et économiques. Sans cela, on ne sait tout simplement pas ce que l’on fait.

En vrac…
Dernier bon livre
« Last Night in Twisted River » de John Irving
Dernier bon film
« 9» (Film d’animation 3D produit par Tim Burton)
Restaurant préféré
Les Zèbres (à Val-David dans les Laurentides)
Pays qu’il aime visiter ?
Tous ceux où il y a ‘des montagnes et des routes en lacets’ – pour agrémenter ses voyages à vélo.
S’il n’était pas avocat, il serait…
…bonne question, dit-il… ‘sûrement très paresseux’, ajoute-il (et nous n’en croyons pas un mot)!

Bio
Robert Paré se joint à Fasken Martineau en 1977 et devient associé en 1984. Il exerce dans le domaine des fusions et des acquisitions, des marchés des capitaux et de la gouvernance d’entreprise. Au cours de sa carrière, Me Paré a eu l’occasion de diriger des équipes de travail qui ont accompli des mandats d’importance dans des domaines diversifiés du droit des affaires.
Il a travaillé pour des émetteurs corporatifs et des preneurs fermes dans le cadre de plusieurs appels publics à l’épargne de titres de dettes garanties et non garanties, de titres de participation et de titres assimilables à des titres de participation, d’actions privilégiées, tant au Québec qu’à l’échelle nationale et internationale. Sa participation a aussi été requise, de concert avec ses collègues du groupe crédit et insolvabilité, pour conseiller des entreprises en difficultés financières sur leurs options de recapitalisation.
Il est reconnu par les répertoires juridiques LEXPERT (Canada/États-Unis) et Chambers Global (Royaume-Uni) comme l’un des plus éminents avocats du droit des affaires au Canada. De plus, il est reconnu comme étant l’un des meilleurs avocats dans son domaine d’expertise par les répertoires The International Who’s Who of Merger and Acquisition Lawyers, The International Who’s Who of Capital Markets Lawyers: Canada et The International Who’s Who of Corporate Governance Lawyers. Me Paré donne régulièrement des conférences dans le cadre de programmes de formation continue et de séminaires sur des sujets spécialisés dans son champ de pratique.


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