Faisons parler les leaders – Suzanne Côté

Faisons parler les leaders – Suzanne Côté

Cette semaine Dominique Tardif rencontre une star du Barreau : Suzanne Côté. La super plaideuse qui pratique chez Osler, se confie sur la genèse de son parcours, sa carrière professionnelle, ses plus gros défis.

Entrée chez Osler à la fin de l’année 2010 en tant qu’associée et chef du groupe de litige du bureau de Montréal, Suzanne Côté pratique en litige commercial.

Pourquoi avez-vous, à l’origine, décidé d’être avocate plutôt que de choisir un autre métier, une autre profession?
Il ne s’agit, dans mon cas, ni d’un accident de parcours, ni de quelque chose qui m’a été imposé par la famille, ou qui se transmettait de génération en génération. J’habitais en Gaspésie à l’époque et je lisais beaucoup les journaux et regardais des reportages traitant de causes de droit criminel. Ce qui m’intéressait dans tout cela, était le fait de pouvoir, en étant avocate, faire valoir et défendre une position. Je devais avoir dix ans quand j’ai commencé à m’intéresser au droit; je me rappelle d’ailleurs que je « jouais à l’arbitre » à la maison quand il y avait une chicane entre mon frère et ma sœur ! (Rires)

Quel est le plus grand défi professionnel auquel vous avez fait face au cours de votre carrière?
Le plus grand défi pour moi au cours de toutes ces années, a été de travailler dans le but de bâtir une réputation de crédibilité auprès de mes confrères, des tribunaux et de mes clients. Je pense avoir réussi à relever ce défi et je dois dire, sans fausse modestie, que je suis très fière que des justiciables me contactent pour que j’accepte leurs dossiers. Je dirais même qu’ils insistent pour que je les représente. Je trouve cela très flatteur et pour moi, recevoir ce genre d’appel, est un signe que les efforts mis à relever ce défi que je me suis fixé au début de ma pratique, ont porté fruits.

Si vous pouviez changer quelque chose à la pratique du droit, de quoi s’agirait-il?
Si je pouvais changer quelque chose à la pratique du droit, ce serait certainement les délais judiciaires, qui devraient être réduits. Il est en effet difficile d’accepter que, lorsqu’un problème juridique se produit, nous en sommes encore à en débattre cinq ou six ans plus tard. Je fais référence ici aux dossiers que nous pouvons qualifier d’usuels, et non à ceux plus importants où les délais existent de par la nature même de ces dossiers. Je ne mets évidemment la faute sur personne – ni sur les avocats, ni sur les juges. Je pense simplement que le justiciable devrait pouvoir être entendu rapidement, de façon à ce que celui qui perd, puisse mettre la défaite derrière lui et continuer à avancer. Le fait d’avoir des délais plus courts aurait aussi certainement un impact positif sur les coûts et sur l’accès à la justice, comme il est vrai qu’il est souvent bien dispendieux de faire valoir ses droits.

La perception du public envers la profession et les avocats en général est-elle plus positive, égale ou moins positive qu’elle ne l’était lors de vos débuts en pratique? Et pourquoi à votre avis?
Peut-être suis-je idéaliste, mais je ne crois pas que les choses aient empiré sur ce point. Effectivement, les statistiques ne classent pas les avocats à un rang très élevé. Mais cela n’empêche pas qu’un grand nombre de nos clients ne perçoit pas du tout les avocats de façon négative et, qu’à l’inverse, ils se réfèrent à nous non seulement quand ils ont un litige, mais aussi pour obtenir des conseils d’affaires. Je suis peut-être, il est vrai, privilégiée d’avoir des clients qui pensent de la sorte, et qui sont assez sophistiqués, mais je dois dire que je ne perçois pas au quotidien ce sentiment négatif, bien au contraire.

Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un débutant sa carrière et souhaitant devenir un grand avocat de litige?
L’engagement. L’engagement dans ce que l’on fait : envers son cabinet, envers ses clients et envers la Cour.
Il faut être déterminé à faire de sa carrière, un succès. On peut évidemment voir son travail comme « un job », mais la réussite qui s’ensuivra sera différente, de si l’on est déterminé à aller au-delà et à faire de sa carrière un succès. Par ailleurs, le fait d’avoir un engagement bien réel permet de composer plus facilement avec les exigences et contraintes de notre profession.

En vrac…
• Derniers bons livres qu’elle a lus : La trilogie Millénium, Auteur : Stieg Larsson.
• Dernier bon film qu’elle a vu : « The Queen », Réalisateur : Stephen Frears.
• Ses restos préférés : Ferreira Café (rue Peel), Graziella (rue McGill), Le Club Chasse & Pêche (rue Saint-Claude).
• Un endroit qui la fait rêver : Tahiti ! (Elle voit en pensée la petite hutte, la jupe de paille et le bon livre qui l’attendent!)
• Si elle n’était pas avocate, elle serait… probablement médecin ou architecte!

Bio
Me Suzanne Côté est associée et chef du groupe du litige d’Osler à Montréal. Sa pratique est principalement axée sur le litige commercial (ruptures de contrats commerciaux, litiges bancaires et litiges relatifs à l’insolvabilité et à la faillite, litiges entre actionnaires, litiges en droit de la concurrence, divers litiges immobiliers notamment en matière de baux commerciaux, responsabilité du fabricant, recours collectifs), ainsi que des litiges en droit civil et administratif, par exemple, les recours en révision judiciaire devant les cours fédérales et l’enquête menée par la Cour d’appel du Québec concernant la révocation d’un juge d’un tribunal inférieur (Me Côté assistait alors la Cour d’appel). Me Côté plaide aussi bien devant la Cour supérieure du Québec et la Cour d’appel du Québec que les cours fédérales. Me Côté a également plaidé devant la Cour suprême du Canada.


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